Focus sur le TSL (technique sans labour)
On parle aussi de technique sans labours (TSL). Cette technique utilisée à la préhistoire et par de nombreuses formes d’agriculture traditionnelles a été redécouverte au XXe siècle pour ses nombreux avantages, mais adaptée au machinisme agricole.
La version moderne de cette forme de semis est apparue dans les années 1980 après avoir été longuement testée en Amérique du Nord sur les sols vulnérables qui avaient subi de graves problèmes d’érosion suite aux tempêtes de poussières des années 1920-1930 (Dust Bowl). Elle consiste au moment du semis à respecter le plus possible la vie des sols.
Pour cela, on a créé des semoirs adaptés, dont le principe est d’ouvrir une ligne de semis, de façon chirurgicale. L’implantation de la culture a lieu en un seul passage de semoir.
Sur des sols antérieurement dégradés par le labour, en particulier en présence d’une semelle de labour très marquée, le passage d’une sous-soleuse, ou d’un décompacteur est nécessaire ou utile les premières années pour accélérer la résilience du sol.
Rentabilité
Le semis direct sous couvert diminue fortement la consommation de carburant et d’intrants à l’hectare. Il diminue la fatigue de l’agriculteur et le nombre d’heure de travail ainsi que les besoins de main-d’œuvre, tout en allongeant la durée de vie des tracteurs, pour des rendements au moins aussi élevés qu’avec le labour, et avec un certain retour de la biodiversité, notamment favorable au petit gibier.
Le sol est plus résilient face aux aléas climatiques (sécheresse en particulier). La production est plus stable, ce qui est favorable à la sécurité alimentaire.
Dans un contexte de pénurie annoncée de pétrole et de modifications climatiques, il devrait donc se développer.
Difficultés
La technique commence à être bien maîtrisée, les principales difficultés sont
- un délai de 2 à 5 ans, voire plus pour retrouver un sol vivant normal, après l’arrêt du labour et sous-solage
- la lutte contre les adventices (dont buissons, et jeunes arbres dans les cultures proches de forêts), qui justifie souvent l’usage d’un désherbant total (glyphosate en général), avec le risque de provoquer à long terme des résistance au glyphostage chez certaines mauvaises herbes, ce qui en ferait des « super-mauvaises herbes » ; ce risque étant exacerbé en Amérique du Nord par la présence courante de cultures OGM, presque toujours résistantes au glyphosate, en particulier avec le colza génétiquement modifié qui a de nombreux parents sauvages dans les régions de culture.
- la lutte contre les limaces dont les œufs ne sont plus enfouis par le labour, et dont les prédateurs (oiseaux, carabes…) ont presque disparu des zones d’openfield.
Cas particuliers
Un semis direct peut aussi être fait :
- à la machine, directement dans la couverture végétale de la culture précédente, laissée en place pour protéger le sol (sans désherbage, si celle ci est sensible au gel hivernal) ;
- à la main dans une couche de bois raméal fragmenté (dans le cas du maraichage ou d’une agriculture familiale).
C’est une technique particulièrement efficace sur les sols arides, qui sont très rapidement détruit par le labour. En cas de mise en vraie jachère, les sols qui retiennent le mieux l’eau sont ceux qui ont été cultivés en semis direct, et là où le labour appauvrit le sol en matière organique, le semis direct permet une lente restauration de cette matière organique, ce qui contribue à restaurer la fonction de puits de carbone des sols. Le semis direct est pour toutes ces raisons et parce qu’il est plus rentable et lucratif encouragée et en plein développement par exemple au Maroc.
source : wikipedia

